AUTEUR À DÉCOUVRIR: PHILIPPE DJIAN
Ardoise de Philippe Djian
critiqué par Chat pitre,
Une bien jolie ardoise... « Djian règle ses comptes avec les écrivains qui ont influencé sa vie d'auteur mais aussi sa vie d'homme. Djian jeune homme de vingt ans qui n'était pas encore écrivain et qui ne lisait presque pas fait sa rencontre avec l'écriture en lisant l'Attrape-Coeur de Salin-ger qui le bouleversera à tout jamais . Il chasse les idées reçues d'un grand coup de balais et dit que l'on entre pas toujours en littérature par la grande porte. »
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« Que l'on peut commencer par lire du B. Cartland et finir par lire du Céline l'important selon lui c'est d'aimer les mots. Et que l'on peut écrire en français en aimant la littérature américaine et classe Breat Easton Ellis au même rang que Balzac. Un livre jubilatoire qui m'a procuré beaucoup de plaisir, je cours à la librairie pour ache-ter les livres dont il parle avec tant d'amour et je tiens à lui dire merci parce que par un délicieux hasard c’est lui, Djian, qui m’a fait découvrir le plaisir de lire avec Maudits Ma-nèges que j'ai lu à 17 ans et depuis je ne cesse de lire pour retrouver , comme lui cette émotion ressentie lors de la lecture de ce premier livre… Un texte d'une grande humilité et plein de fraîcheur. »
Je suis tout à fait d’accord avec ce commentaire car moi aussi j’ai eu le goût de lire les auteurs mentionnés. GiL
IMPURETÉS, 2006...(Gallimard, 2005, 348 pages)
Cadre idyllique: sur une colline, lieu clos des villas cossues des plus excentriques de la région, riches, stars de cinéma ou écrivains renommés, comme le couple Trendel, mais aussi excentriques, désabusés, marqués... Chez les Trendel, il y a eu la mort de Lisa, noyée dans le lac, sous les yeux de son frère Evy, qui parle d'un accident, sans extrapoler. Et le roman de se tisser sur cette lancée: lente décadence, couples en dérive, le fossé se creuse entre les parents et les enfants. Ces derniers sont le plus souvent des adolescents perdus, qui s'abrutissent dans la consommation d'alcool, de drogues et de sexe. La dépravation est totale sur cette colline, ces vagues alentours, et les personnages centraux rivalisent de déchéance, de mystère et d'auto-destruction.
Ce nouveau roman de Philippe Djian s'inspire des fondus comme au cinéma: plan serré sur un protagoniste, qui glisse, se chevauche sur une autre personnalité. L'aspect du roman est intéressant, le style de l'auteur percutant, mais sec. Il y a une complète dérive dans la froideur des sentiments, des rapports entre chaque héros du roman. Bien entendu le résultat est noir, déboussolant et âpre. Ce milieu d'apparence dorée et d'argent facile est fissuré, les adolescents sont excessifs, repoussants et peu crédibles.
IMPARDONNABLES, roman, Gallimard, 2009, 232 pages
de Philippe Djian ...[Littérature française XXIè]
Résumé du livre
Pas évident d'avoir soixante ans, des souvenirs, et beaucoup, beaucoup d'expérience... mais surtout beaucoup, beaucoup de soucis. Francis, le narrateur d''Impardonnables', est un écrivain à succès meurtri par le destin. Quinze ans avant le début du roman, il a vu sa femme et l'une de ses deux filles mourir devant ses yeux, écrasées par un camion fou. A présent, il vit au Pays Basque et s'est remarié avec Judith, agent immobilier dans la région. Sa fille Alice est une jeune comédienne à succès. Tour irait bien si Alice, que Francis chérit plus que tout, ne disparaissait pas brusquement.
L' avis [des lecteurs]
Avis de thegolferman
Voilà un livre que j'ai eu plaisir à lire. J'ai aimé autant le style que l'histoire elle-même. Mieux, le style m' a fait aimer l'histoire. Par moments, j'avais l'impression que l'auteur était en train de me lire son livre tant je le sentais présent dans la construction de ses phrases et de son livre. Les personnages sont très vivants. Bref, que du bonheur de lecture. Sorti de ma précédente lecture de 'Paris Brest', 'Impardonnables' m'a fait beaucoup de bien. Je n'ai pas lu le livre, j'ai glissé sur les phrases. Aucun heurt, aucun besoin de s'y reprendre à trois fois pour comprendre la phrase. J'aime cet auteur.
DOGGY BAD, Julliard, 2005, 267 pages
« Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous : c'est du Djian pur jus, et c'est pour ça aussi qu'on l'aime notre Philou. D'autant que son dernier "Impuretés" faisait quelques infidélités au genre "bukowskien de la pro-vince franchouillarde" qui a fait son succès.
Ok, ok, j'ai l'air moqueur, mais en fait j'adore Djian, et j'adore ce "Doggy Bag" si bien écrit, cet humour au vitriol et ces personnages qui prennent corps assez rapidement. Notez : je suis sériovore, ce qui me fait au moins un point commun avec l'auteur. Je pourrais probablement écrire une thèse sur tout ce qu'il a piqué à "Six feet under", "Twin Peaks", "The Sopranos" et j'en passe... peu importe en fait : la principale originalité de sa série, c'est qu'elle s'inspire des séries TV, et non des séries lit-téraires. Par conséquent, ça sonne parfois un peu light, mais ça nous évi-te également quelques lourdeurs narratives et ma foi ce n'est pas plus mal.
De même, le découpage structurel est très réussi, on peut en grappiller des passages comme on regarde un épisode de la dite série - au cas où vous ne sauriez pas quoi faire pendant la pub entre "Tout le sport" et "Plus belle la vie". D'ailleurs on n'est un peu entre les deux : "Doggy Bag" est un excellent compromis entre "Tout le sport" (mais en chambre uniquement en l'occurrence) et un "Plus belle la vie" (très trash «
DOGGY BAD : SAISON 2
« Soit l'histoire des Sollens, belle famille de bourges qui a fait fortune dans l'automobile et composée de membres aussi détestables qu'attachants : un patriarche qui a rare-ment hésité dans la vie à dîner avec des politiciens pas clairs et à trousser leurs épou-ses, deux fils un peu partouzards et blessés au fer rouge par la femme qu'ils ont parta-gée 20 ans auparavant, et, au dessus de la mêlée, Irène Sollens, parfaite mater doloro-sa qui tente de conjurer le mauvais sort et sublimer sa frustration sexuelle par ses dons faramineux à l'église du coin. Au menu : sexe, manipulations, malversations, cupidité, obsessions. Mais le déroulé un peu mécanique des événements et une écriture qui se cherche encore rendait ce premier opus un poil décevant.
Ce qui arrive même aux meilleures séries. Et on aurait tort d'en rester là. Car après ce démarrage un peu timide, le tome 2 multiplie les rebondissements et nous
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entraîne quelques étages plus bas dans l'enfer. Autant Doggy bag 1 ne s'assumait pas totalement - moins bien écrit qu'un roman « classique » moins palpitant qu'une bonne série - autant cette fois Djian y va sans complexe : L'auteur de Vers chez les blancs ré-ussit à lier ses marottes - les rapports sociaux quasi exclusivement envisagés sous l'an-gle sexuel, la sauvagerie latente des sociétés policées - avec les impératifs de la série contemporaine - comme ne pas hésiter à en rajouter des caisses et garder le bascule-ment dans l'horreur à portée de main. «
Un climax parfaitement maîtrisé
Philippe Djian a écrit six saisons de DOGGY BAG toutes aussi superbes les unes que les autres. Je ne vous en ferai pas leur description ni de commentaires car vous allez sûrement y prendre goût et les lire par vous-mêmes. GiL