MARINEZ Carole
LE COEUR COUSU, Gallimard, 2007, 424 pages
Andalousie Sacrée « Un premier roman, presque aux allures picaresques comme je les adore. Carole Martinez malaxe les mots et joue avec leurs formes rebondies. La narration, sertie d'incantations agit comme un envoûtement lent. C'est l'histoire de Frasquita, jeune et belle couturière, un peu sorcière, née dans un village andalou écrasé de soleil. Frasquita qui sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes ef-filochés, suture les mondes entre eux. Tout baigne dans un temps immémorial où le sacré, partout, chuchote ... »
Résumé du livre
« Ecoutez, mes soeurs ! Ecoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Ecoutez... le bruit des mères ! Des cho-ses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le coeur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, su-crées. Onctueuses larmes au palais des hommes !' Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre : le coeur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Ma-done menée en procession semble palpiter miraculeusement... Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à tra-vers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels... »
L' avis [des lecteurs]
Avis de astondbr « Pour l'écriture, c' est d'une beauté absolue ! A rapprocher du style de Laurent Gaudé. Pour l'histoire, il faut se laisser aller dans une succession de contes, mi-merveilleux, mi-diaboliques. Une pure fiction ? Peut-être. Mais il y a quand même des faits puisés dans un passé réel, comme transcendés par la transmis-sion orale et l'écriture de Carole Martinez, qui fait mouche pour un premier roman très abouti. »
Je suis d’accord avec cet avis car ce roman est celui d’une époque, la vie de gens partageant étroitement les moindres changements sociaux, économiques, dramatiques qu’est leur société…….GiL