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****PINGEOT Mazarine---BOUCHE COUSUE---
20/10/2010 15:38
BOUCHE COUSUE, ÉD. DE LA LOUPE, 2005, 271 pages « Longtemps, Mazarine Pingeot a vécu «bouche cousue». Aujourd'hui, elle rompt le silence et tente de percer sa mémoire emmurée par une histoire trop lourde à porter.
Depuis que son père est mort, Mazarine a perdu l'un de ses deux principaux témoins et acteurs de son enfance. Et tandis que les historiens et les journalistes continuent de s'approprier le personnage public de François Mitterrand, sa jeunesse, déroulée dans le secret le plus total auprès de cet homme, semble perdre peu à peu de sa réalité. Tout cela a-t-il bien existé ? Ce François Mitterrand des journaux et des livres d'histoire a-t-il bien été son père ? Pour lutter contre l'oubli, elle doit faire revivre, à tout prix, la petite fille heureuse qu'elle a été, ses paysages et ses jeux d'enfant, ses parents amoureux, le trio idéal, jalousement gardés dans un coin de sa mémoire... Tissant les instants magiques, banals ou cruels d'une enfance pas comme les autres, passée auprès d'un père président de la République, Mazarine fait surgir la figure étonnante de l'homme qu'elle a connu, celle d'un père aimant et exclusif. Et c'est cette image émouvante, salvatrice, qu'elle s'autorise enfin à partager.
Normalienne, agrégée de philosophie, Mazarine Pingeot a trente ans. Elle a déjà publié, chez Julliard, «Premier Roman», «Zeyn ou la reconquête» et «Ils m'ont dit qui j'étais». Source : www.fnac.com
Roman récit biographique très touchant, d’une grande écriture tant par le style que par l’intelligence et la sensibilité de l’enchaînement de la vie de l’auteure et de son père François Mitterrand. Nous entrons dans l’intimité d’une enfant et d’une femme qui ont vécu hors norme dans une situation sociale d’adultère, cachée et maintenue secrète jusqu’à l’âge de vingt ans donc peu avant le décès de François Mitterrand. J’ai trouvé ce roman intimiste d’une réflexion profonde sur l’enfance, l’adolescence d’une enfant profondément complice de la vie intime de ses parents. Elle était obligée de ne pas dévoiler le nom de son père « président de la France « ce qui limitait son milieu d’amis et de contacts hors du foyer maternel. Le chapitre sur l’avortement obligatoire de son premier enfant pour des raisons de santé est pognant, bouleversant et d’une grande générosité. À lire sans faute pour connaître une personne à la hauteur de sa vie cachée et de son amour inconditionnel pour son père. Gilles Lagrois, Auclair, Québec
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