MAUVIGNIER Laurent
CE QUE J’APPELLE OUBLI, ÉD. DE MINUIT, 2011, 62 pages
Roman très touchant, bien écrit dans un style d’écriture continue racontant le sort subit d’un pauvre homme qui a commis l’erreur de boire une cannette de bière dans un marché populaire. Texte coulant et émouvant qui précise certains moments importants de la vie de cet homme et de son supposé frère.
Gilles Lagrois, Auclair, Québec
Pour en savoir davantage :
Résumé par l’éditeur
« Il s'est dirigé vers les boissons. Il a ouvert une canette de bière et l'a bue. À quoi a-t-il pensé en étanchant sa soif, à qui, je ne le sais pas. Ce dont je suis certain par contre, c'est qu'entre le moment où il est entré dans le supermarché et celui où les vigiles l'ont arrêté, ni lui ni personne n'aurait pu imaginer qu'il n'en sortirait pas. »
Cette fiction est librement inspirée d’un fait divers, survenu à lyon, en décembre 2009
« Etonnant ce petit livre qui, durant 60 pages ne comporte aucun point de ponctuation…
Etonnant ce SDF roué de coups mortels par des vigiles, suite à une consommation, dans un supermarché, d'une cannette de bière
Etonnante, cette courte fiction, inspirée d'un fait réel, qui nous renseigne sur la BARBARIE que peuvent subir certaines personnes dites « faibles ».
Etonnante cette violence dite « gratuite », inhumaine. Sont-ce Des hommes qui peuvent agir ainsi ?
Etonnant, encore, le long supplice que va endurer cet homme et les pensées qui ont été siennes durant le long acharnement dont il a été l'objet de la part de quatre vigiles.
Etonnant, enfin le silence de plomb, parfois entretenu, face à une telle tragédie.
Au final, une histoire REVOLTANTE évoquée dans une unique phrase qui coule sans début ni fin, comme la vie qui continue, malgré l'isolement, le rejet, l'injustice, … la mort. » www.babelio.com
« Un douloureux cri, interminable, insupportable, hurlé en une phrase suffocante de soixante pages !
Acculé contre un mur de boîtes de conserves, au fond glauque d'un entrepôt, un jeune SDF meurt, roué de coups par les vigiles d'un supermarché.
La mort en direct.
Qu'a-t-il fait ?
Il a bu une canette de bière «empruntée» au rayon alcools.
La vie d'un homme compterait-elle moins qu'une canette de bière ?
Ce livre violent, scandé à perdre souffle, comme un long blues, rageur, révolté donne des frissons, fait froid dans le dos.
Après, le livre refermé...un silence glaçant qui laisse le lecteur muet, abasourdi.
Un rappel poignant sur la nature humaine trop inhumaine.
La violence est partout et partout elle peut surgir. A tout moment.
Personne n'est à l'abri.
Après «Dans la foule» sur le terrible drame du Heysel, «Des hommes» sur la guerre d'Algérie, Laurent Mauvignier confirme son talent d'écrivain.
Ces livres sont inoubliables...Cet écrivain a vraiment du coffre !
"Je vais retrouver mon souffle, ça ne peut pas finir ici, pas maintenant et pourtant il ne pouvait plus respirer ni sentir son corps ni rien entendre, ni voir non plus et il espérait malgré tout, quelque chose en lui répétant, la vie va tenir, encore, elle tient, elle tient toujours, ça va aller, encore, ils vont cesser parce qu'ils vont comprendre parce que ma vie est trop petite »
www.babelio.com