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ÉCHANGES DE LIVRES EN TÊTE: LE PLAISIR DE PARTAGER MES DÉCOUVERTES LITTÉRAIRES ET DE RECEVOIR LES VÔTRES
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ÉCHANGES DE LIVRES EN TÊTE: LE PLAISIR DE PARTAGER MES DÉCOUVERTES LITTÉRAIRES ET DE RECEVOIR LES VÔTRES

VIP-Blog de livresentete
gilles.lagrois1@bell.net

  • 118 articles publiés dans cette catégorie
  • 123 commentaires postés
  • 1 visiteur aujourd'hui
  • Créé le : 05/06/2010 16:07
    Modifié : 09/06/2020 00:33

    Garçon (69 ans)
    Origine : AUCLAIR, TÉMISCOUATA, QUÉBEC
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    CHAHDORTT DJAVANN---JE NE SUIS PAS CELLE QUE JE SUIS

    22/04/2012 13:33

    CHAHDORTT DJAVANN---JE NE SUIS PAS CELLE QUE JE SUIS


    CHAHDORTT DJAVANN

    JE NE SUIS PAS CELLE QUE JE SUIS, Flammarion, 2011, 531 pages

     

    Une femme Iranienne, deux situations : l’une vit en Iran dans sa famille et cherche par tous les moyens une façon de sortir de son pays voire même en épousant un Iranien nationnalisé Anglais et vivant à Londres;  la deuxième situation est l’Iranienne vivant à Paris mais aux prises avec des problèmes psychologiques d’origine familiale et paternelle qui pour s’en sortir est suivie par un psychanalyste incompétent.

    D’une main sûre et avec un grand talent d’écriture, l’auteure nous trace la vie intérieure et sociale de cette femme aux prises avec son passé, la pression sociale et religieuse de sa famille iranienne. Un grand roman qui nous décrit une femme meurtrie par les lois religieuses et sociales d’une société dont la survie économique est dépendante des pays voisins.

    Gilles Lagrois, Auclair, Québec.

     

    « Nul besoin d’être un opposant politique sous le régime théocratique de l’Iran pour que votre vie quotideienne soit pavée de tortures psychiques.Vous vivez, dès l’enfance, à l’école, sous l’influence d’une idéologie qui vous inculque l’infériorité du sexe féminin, l’impureté du corps, l’obscénité du désir, le péché du plaisir.Une idéologie qui efface, interdit les différences et vous enferme dans une identité qui s’érige contre les valeurs décadentes de l’Occident. » p. 140

    « Pour survivre sous ce régime, vous devez vous plier à la volonté de ceux que vous haïssez, obéir à ceux que vous méprisez. Femme, vous devez tout voiler, votre corps, vos cheveux, vos pensées, vos désirs, vos sentiments. Vous ne disposez pas de vous-même. Vous êtes spoliée de tout, de votre vie comme de votre histoire. Vous n’êtes bonne qu’à vous soumettre, qu’à subir. » p. 181

    « Elle crut comprendre, du moins en partie, pourquoi l’ordre établi dans les pays musulmans, qu’ils soient chiites ou sunnites, se perpétue. Les femmes appartenant aux familles riches y jouent un rôle de première importance dans le maintien des lois islamiques. » p. 337

    « Le psychanalyste laisse l’analysant libre de se dire, de parler de tout et de rien, de se répéter, pendant des années; plus c’est long, plus rapporte. » p. 395

     

    Pour en savoir davantage :

    « Partir coûte que coûte. Désir d'aventure, volonté, rêves et illusions se fracassent sur le réel. Iran, Paris, Istanbul, Dubaï ; la prison, la torture, le viol, la prostitution. Restent la folie et la solitude.
    Des vies parallèles dans des villes différentes, et une même femme. Deux temps inversés et entrelacés : une épopée échevelée et une psychanalyse avec ses risques et ses dangers, séance par séance. Tout sur le divan : le rapport au père, aux hommes, les traumatismes d'enfance, l'exil, la langue française dont il faut s'emparer pour faire le récit d'une vie, pour se réconcilier avec la vie.

    Fort et léger, drôlement triste et tragiquement gai, ce roman est tout simplement impressionnant. «  www.fnac.com

     

    « Des vies différentes dans des villes différentes, et une même femme.
    Deux histoires entrelacées. L'une, picaresque, nous fait voyager en compagnie de l'héroïne, qui traverse mille et une épreuves, de Téhéran au golfe Persique, de Dubaï aux rives du Bosphore. Et l'autre, intime, à Paris, se construit dans le cabinet d'un psy. Pour la première fois une psychanalyse nous est dépeinte, séance par séance, comme un tableau impressionniste. Le rapport au père, à la mère, aux hommes, la prison, la torture, le viol, la prostitution, la solitude, l'exil et la langue française dont il faut s'emparer pour faire le récit d'une vie, pour se réconcilier avec la vie sont les thèmes de ce livre. » www.babelio.com

    « 

     « Avec intelligence, l'auteure tisse l'histoire d'une femme iranienne, nommée Donya, en alternant deux récits : des séances de psychanalyse à Paris, où cette dernière tente de délivrer les mots enfermées en elle et de faire la lumière sur l'indicible, et le déroulement de sa vie en Iran dans les années 1980-90 (sous le régime de Khomeini) ; une existence emplie d'épreuves souvent douloureuses.

     Chahddortt Djavann a réussi à entrelacer l'intérieur, l'intime, la profondeur des sentiments de son personnage - une quête de la vérité éprouvante mais nécessaire pour poursuivre son existence-, et son périple géographique, humain, social dans un pays brisé où la femme doit s'effacer : elle n'a plus de corps (dissimulée sous un voile) plus de voix, peu de droit, aucune action possible, elle est totalement assujettie au régime et aux hommes qui le dirigent.

     Mais, Donya est rebelle. Eprise de liberté, elle tente par tous les moyens de résister à la fatalité implacable qui touche les femmes en leurs imposant d'insoutenables conditions. A maintes reprises, elle se brûle les ailes et se heurte à des murs. Son corps est mis à mal, tout comme son esprit. Elle sera emprisonnée, abusée sexuellement, connaîtra la prostitution, la torture, éprouvera un sentiment d'impuissance, de la solitude... Malgré toute cette violence et ce désespoir, donya restera debout.

     Les séances de psychanalyse qu'elle débute quelques temps après son exil sont extrêmement pénibles pour elle, mais sa réconciliation avec la vie passe par cette introspection. Elle va très vite être confrontée à une difficulté de taille : la langue. Comment exprimer un passé aussi douloureux alors qu'on ne maîtrise pas la langue ? Comment faire sortir toute la souffrance qui est en elle à travers des mots qu'elle ne connaît pas ?

     Ce roman m'a bouleversée. Il m'est arrivé de fermer le livre soudainement lors d'épisodes trop durs, tellement la réalité y était crue. On entre de plein pied dans l'innommable que tant de femmes, aujourd'hui encore, subissent. Mais, j'ai poursuivi ma lecture jusqu'au bout parce qu'il ne faut pas fermer les yeux, jamais... J'ai hâte de retrouver Donya la révoltée, dans un second tome (en préparation), son désir ardent de liberté, sa fougue, sa détermination envers et contre tout.

     

    « Qu'est-ce que les hommes peuvent comprendre à cette humiliation subie par les femmes, à ce voile qui symbolise la culpabilité d'habiter un corps féminin, comme si les femmes devaient avoir honte de leur crâne ? Est-ce une vie digne d'un être humain que de se sentir coupable par le simple fait d'exister ? Elle enfonça ses doigts dans la masse de ses cheveux libérés. »

    « Femme, vous devez tout voiler, votre corps, vos cheveux, vos pensées, vos désirs, vos sentiments. Vous ne disposez pas de vous-même. Vous êtes spoliée de tout, de votre vie comme de votre histoire. Vous n'êtes bonne qu'à vous soumettre, qu'à subir. »

    « On ne peut pas guérir quelqu'un de sa vie, à moins de lui ôter la vie. Et d'ailleurs elle n'est pas venue ici pour guérir, elle est venue ici pour que vous l'aidiez à oublier. On ne peut pas guérir quelqu'un de la réalité. »

    « Je pense qu'une société où quelqu'un qui est dans la souffrance doit payer pour que tout simplement on l'écoute parler, c'est une société qui va très mal... C'est grave quoi ! Anthropologiquement parlant, ça prouve que les liens entre les gens se défont. On a père, mère, frères, sœurs, amies, collègues, cousins, amants, maîtresses, voisins... Que personne ne soit là quand on est dans la souffrance, et qu'on soit obligé d'aller payer un inconnu juste pour parler, c'est le début de la fin ; ça déshumanise la société et les rapports humains. »

    « Faire miens des mots qui ne l'étaient pas et explorer avec eux tout un nouveau monde à l'intérieur de moi-même, dont l'accès m'était impossible... c'est plus qu'un voyage initiatique. (…) Avec l'analyse, les mots français se sont enracinés non seulement dans ma tête, mais aussi dans mon histoire et dans mon corps... Ces mots étrangers ont pris part à mes souffrances. Ils ont pris part à mon passé, qui s'est passé sans eux. »

    www.lesmotsdelafin.over-blog.com






    PHILIPPE BESSON---UNE BONNE RAISON DE SE TUER

    26/05/2012 16:28



    UNE BONNE RAISON DE SE TUER, ÉD. JULLIARD, 2012, 321 pages

     

    Un sujet de brouille voire de discorde et de dissension qu’est la mort par le suicide

    en solitaire. La mort d’un proche est toujours douleureuse et bouleversante. Dans ce roman deux personnes ont à vivre ces situations par la mort d’un fils en peine d’amour et d’une mère qui n’en peut plus. Roman très touchant autant par le sujet que par le style impressionnant de l’auteur. UNE BONNE RAISON DE SE TUER nous met en relation avec un sujet qui nous touche mais qu’on aborde rarement sinon en solitaire.

    Gilles Lagrois, Auclair, Québec

     

       
           
     

     

     

    UNE BONNE RAISON DE SE TUER

     

     

    Philippe BESSON

    À Los Angeles, tandis que l'Amérique s'apprête àélire un nouveau président, Laura, en proie à une résignation qui semble insurmontable, et Samuel, dévasté par la mort de son fils, vacillent au bord du précipice, insensibles à l'effervescence de leur pays. Ils ne se connaissent pas. Leurs destins vont se croiser. Pourront-ils se sauver l'un l'autre ?

    "L'action se déroule le 4 novembre 2008, date de l'élection de Barack Obama. A Los Angeles comme partout ailleurs, c'est une journée d'exaltation, d'espoir de renouveau et d'attente fiévreuse. Mais tandis que l'Amérique semble retenir son souffle, impatiente de connaître l'issue de ce jour historique, pour Laura et Samuel, cette journée sera la plus longue et la plus terrible de leur vie. Car aujourd'hui Samuel doit se rendre aux funérailles de Paul, son fils de dix-sept ans qui vient de se suicider. Laura, femme seule de quarante-cinq ans, serveuse dans une cafétéria, a décidé, quant à elle, de se donner la mort le soir venu.
    Pour chacun d'eux, l'enjeu sera le même : comment échapper au déroulement implacable de cette journée ? Samuel pourra-t-il surmonter son chagrin, ne serait-ce que le temps de la cérémonie ? A-t-il même le droit de survivre à l'absence de celui qui n'aurait jamais dû partir avant lui ? Et quel sens donner au geste de son fils, un geste d'autant plus révoltant qu'il est inexpliqué ? Laura, elle, a mûrement réfléchi son choix. Personne ne la regrettera, ni son fils indifférent ni son ex-mari qui, lui, a su refaire sa vie. Cette dernière journée aura-t-elle un goût moins fade que toutes celles qu'elle vient de laisser derrière elle ? Un goût d'exceptionnel qui pourrait la faire changer d'avis ? Samuel et Laura ne se connaissent pas encore. Pourtant ils ont déjà beaucoup en commun. Ils vont d'ailleurs se rencontrer... au crépuscule.
    Roman de la mélancolie moderne, Une bonne raison de se tuer explore le sentiment de vide dans lequel nous plonge la société contemporaine. Pour décrire cette solitude, ces liens de plus en plus distendus entre les individus, Philippe Besson porte une attention soutenue à ces gestes machinaux qui forment un quotidien insipide, souvent inepte. En s'attardant sur une même et unique journée, il amplifie chaque détail, comme grossi à la loupe, et placé sous une lumière crue. Car, au fond, le lent écoulement du temps est tout ce qui reste aux personnages bouleversants de ce roman. Hommage au film d'Ettore Scola, Une journée particulière, auquel il fait écho, ce livre évoque en toile de fond une Amérique malade, mais son constat est bien plus vaste encore : le désespoir est, de toutes les menaces, la plus redoutable."

    www.julliard.fr

     






    MAUVIGNIER Laurent---CE QUE J'APPELLE OUBLI

    07/07/2012 17:50

    MAUVIGNIER Laurent---CE QUE J'APPELLE OUBLI


     

    MAUVIGNIER Laurent

    CE QUE J’APPELLE OUBLI, ÉD. DE MINUIT, 2011, 62 pages

     

    Roman très touchant, bien écrit dans un style d’écriture continue racontant le sort subit d’un pauvre homme qui a commis l’erreur de boire une cannette de bière dans un marché populaire. Texte coulant et émouvant qui précise certains moments importants de la vie de cet homme et de son supposé frère.

    Gilles Lagrois, Auclair, Québec

         

    Pour en savoir davantage :

    Résumé par l’éditeur

     

    « Il s'est dirigé vers les boissons. Il a ouvert une canette de bière et l'a bue. À quoi a-t-il pensé en étanchant sa soif, à qui, je ne le sais pas. Ce dont je suis certain par contre, c'est qu'entre le moment où il est entré dans le supermarché et celui où les vigiles l'ont arrêté, ni lui ni personne n'aurait pu imaginer qu'il n'en sortirait pas. »

    Cette fiction est librement inspirée d’un fait divers, survenu à lyon, en décembre 2009

     

    « Etonnant ce petit livre qui, durant 60 pages ne comporte aucun point de ponctuation…
    Etonnant ce SDF roué de coups mortels par des vigiles, suite à une consommation, dans un supermarché, d'une cannette de bière
    Etonnante, cette courte fiction, inspirée d'un fait réel, qui nous renseigne sur la BARBARIE que peuvent subir certaines personnes dites « faibles ».
    Etonnante cette violence dite « gratuite », inhumaine. Sont-ce Des hommes qui peuvent agir ainsi ?
    Etonnant, encore, le long supplice que va endurer cet homme et les pensées qui ont été siennes durant le long acharnement dont il a été l'objet de la part de quatre vigiles.
    Etonnant, enfin le silence de plomb, parfois entretenu, face à une telle tragédie.
    Au final, une histoire REVOLTANTE évoquée dans une unique phrase qui coule sans début ni fin, comme la vie qui continue, malgré l'isolement, le rejet, l'injustice, … la mort. » www.babelio.com

     

    « Un douloureux cri, interminable, insupportable, hurlé en une phrase suffocante de soixante pages !
    Acculé contre un mur de boîtes de conserves, au fond glauque d'un entrepôt, un jeune SDF meurt, roué de coups par les vigiles d'un supermarché.
    La mort en direct.
    Qu'a-t-il fait ?
    Il a bu une canette de bière «empruntée» au rayon alcools.
    La vie d'un homme compterait-elle moins qu'une canette de bière ?
    Ce livre violent, scandé à perdre souffle, comme un long blues, rageur, révolté donne des frissons, fait froid dans le dos.
    Après, le livre refermé...un silence glaçant qui laisse le lecteur muet, abasourdi.
    Un rappel poignant sur la nature humaine trop inhumaine.
    La violence est partout et partout elle peut surgir. A tout moment.
    Personne n'est à l'abri.
    Après «Dans la foule» sur le terrible drame du Heysel, «Des hommes» sur la guerre d'Algérie, Laurent Mauvignier confirme son talent d'écrivain.
    Ces livres sont inoubliables...Cet écrivain a vraiment du coffre !
    "Je vais retrouver mon souffle, ça ne peut pas finir ici, pas maintenant et pourtant il ne pouvait plus respirer ni sentir son corps ni rien entendre, ni voir non plus et il espérait malgré tout, quelque chose en lui répétant, la vie va tenir, encore, elle tient, elle tient toujours, ça va aller, encore, ils vont cesser parce qu'ils vont comprendre parce que ma vie est trop petite »

    www.babelio.com






    TESSON Sylvain---DANS LES FORÊTS DE SIBÉRIE

    26/07/2012 18:34

    TESSON Sylvain---DANS LES FORÊTS DE SIBÉRIE


    TESSON Sylvain

    DANS LES FORÊTS DE SIBÉRIE, Gallimard, 2011, 266 pages

    Roman remarquable de Sylvain Tesson sur la solitude, la connaissance et l’acceptation de soi, de ses capacités, de sa volonté, du plaisir à vivre seul car pour lui «  J’ai été libre car sans l’autre, la liberté ne connaît plus de limite. »

    « Les théoriciens de l’écologie  prônent la décroissance…nous devrions ralentir nos rythmes, simplifier nos existences, revoir à la baisse nos exigences. On peut accepter ces changements de plein gré. Demain, les crises économiques nous les imposeront. » p. 48.

     

    « La cabane est un terrain parfait pour bâtir une vie sur les fondations de la sobriété luxueuse…La sobriété de l’ermite est de ne pas s’encombrer d’objets ni de semblables. De se déshabituer de ses anciens besoins. » p.48

    « Le luxe de l’ermite, c’est la beauté. Son regard, où qu’il se pose, découvre une absolue splendeur » p. 49

    « L’homme libre possède le temps. L’homme qui maîtrise l’espace est simplement puissant. Je suis libre parce que mes jours le sont. »  p. 72

    « Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l’accusez pas. Accusez-vous vous-même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesses. » Rainer Maria Rilke

    « Le ton sur lequel nous parlons au monde est celui qu’il emploi avec nous. »

    « Être heureux c’est savoir qu’on l’est. » p. 223

    « Les livres sont plus secourables que la psychanalyse. Ils disent tout, mieux que la vie. Il est faible de cacher ce que l’on ressent. »

    « Il y a une jouissance à tenir en ordre son intérieur. » p. 166

     

     Ses textes sont touchants par leur profondeur, leur vérité, leur authenticité pour chacun.

    À travers l’auteur il y une part de nous, de la vie, de la recherche de la connaissance de notre rôle dans cette vie passagère. Un roman remarquable à conserver, à relire pour y découvrir, retenir et appliquer ces perles de beauté, de plaisirde vivre seul.  

    Gilles Lagrois, Auclair, Québec

     

    Pour en savoir davantage :  

     

    Sylvain Tesson raconte son exil sibérien

    Par , publié le

     

    26/08/2011 à 08:00  

    Sylvain Tesson est parti s'isoler six mois en Sibérie. Il en ressort un récit sur la condition humaine et la civilisation.

    « Il est ressorti du supermarché d'Irkoutsk avec six Caddie pleins à ras bord de pâtes. A rajouté quelques caisses de vodka, des boîtes de cigares, une hache, une chignole à glace, des fusées anti-ours et une malle de livres - Giono, Jünger, Conrad... Six jours plus tard, un vieux camion russe le laisse, lui et son chargement, devant une petite cabane au bord du lac Baïkal. Il fait - 32 °C, le premier voisin est à cinq heures de marche. Sylvain Tesson va vivre six mois (février-juillet 2010) au milieu de cette solitude glacée. Dans les forêts de Sibérie est le journal de cette réclusion volontaire. 

    Oui, Sylvain Tesson, l'homme aux Vibram de vent, l'infatigable arpenteur du désert de Gobi et des cols tibétains, peut-être le plus brillant de nos écrivains voyageurs, a choisi la sédentarité : un univers de 3 mètres sur 3, où une fenêtre remplace la télévision et dont le poêle constitue le centre vital. Eloge de la routine : on casse du bois, on pêche l'omble, on guette l'ours. Mais, surtout, refus de la civilisation des villes, dont notre Walden sous Smirnoff offre, en contrepoint, un tableau effrayant : "Le froid, le silence et la solitude sont des états qui se négocieront demain plus cher que l'or, écrit-il. Sur une Terre surpeuplée, surchauffée, bruyante, une cabane forestière est l'eldorado."  

    La visite d'un Sibérien lâchant inlassablement "Putain de bite !", les moustaches d'un phoque ou une sortie en patins à glace viennent parfois briser cette délicieuse solitude. Fidèle au "never complain" de Peter Fleming, son lointain prédécesseur en équipées tatares, Tesson a l'élégance de ne jamais se plaindre du froid ou de la fatigue, lors de ses sorties en kayak ou de ses ascensions aux confins de son domaine. C'est qu'il est tout à sa vie intérieure, tiraillé entre hédonisme dionysiaque, panthéisme et doute métaphysique : "Qui suis-je ? s'interroge-t-il. Un couard qui s'alcoolise en silence pour ne pas risquer d'assister au spectacle de son temps ni de croiser sa conscience faisant les cent pas sur la grève." 

    "Rien ne me manque de ma vie d'avant. Rien"

    Ah, la vodka ! On saura gré à Sylvain Tesson de rompre avec le politiquement correct et le prêchi-prêcha à la Thoreau qui dégoulinent si souvent des récits de voyage. Non, l'auteur du Petit Traité sur l'immensité du monde ne carbure pas au jus de carotte bio. Tout comme, dans un autre registre, il avoue cruellement : "Rien ne me manque de ma vie d'avant. Rien. Ni mes biens, ni les miens." A-t-il pour autant trouvé le bonheur dans sa "loge de concierge sur la taïga" ? Des moments de bonheur, oui. C'est déjà énorme. 

    Au-delà de l'expérience, c'est aussi par le style que Dans les forêts de Sibérie se distingue. Rien d'incongru à ce que ce récit paraisse sous la couverture blanche de Gallimard. Géographe littéraire, Sylvain Tesson excelle à restituer l'intensité de son voyage immobile à coups de formules : "La fuite est le nom que les gens ensablés dans les fondrières de l'habitude donnent à l'élan vital", etc. Au risque, peut-être, d'abuser de ce qu'il appelle lui-même ses "aphorismes de sous-préfecture". On a parfois l'impression qu'à vouloir enfermer le Baïkal dans le carcan oraculaire, il laisse en chemin un peu de la liberté déliée qui, parfois, sied à la rêverie du promeneur solitaire. Il n'empêche : on se régale à lire ce croisement entre Jean-Jacques Rousseau et Bear Grylls, le héros survivaliste de la série télé culte Man versus Wild. Un croisement détonant comme une vodka par - 32 °C. »  

    www.lexpress.fr.






    SÜSKIND Patrick---LE PIGEON

    15/08/2012 21:22

    SÜSKIND Patrick---LE PIGEON


     

    Patrick SÜSKIND

    LE PIGEON, Fayard, 1987, 111 pages

     

    Le Pigeon est un bon conte philosophique sur la survie, la solitude imposée par le sort, la vie, le rejet, la survivance difficile et psychologique d’un solitaire.

    Gilles Lagrois, Auclair, Québec

     Pour en savoir davantage:

    « "Lorsque lui arriva cette histoire de pigeon qui, du jour au lendemain, bouleversa son existence, Jonathan Noël avait déjà dépassé la cinquantaine, il avait derrière lui une période d'une bonne vingtaine d'années qui n'avait pas été marquée par le moindre événement, et jamais il n'aurait escompté que pût lui arriver rien de notable sauf de mourir un jour. Et cela lui convenait tout à fait. Car il n'aimait pas les événements, et il avait une véritable horreur de ceux qui ébranlaient son équilibre intérieur et chamboulaient l'ordonnance de sa vie."

    Qu'est-ce qu'un "événement" ?
    Que se passe-t-il, en somme, quand "il se passe quelque chose" dans la vie d'un homme ?
    Tel est au fond le sujet, étonnamment simple et profond, de ce nouveau conte philosophique et cocasse de l'auteur du "Parfum".

    Patrick Süskind est né en 1949 à Ambach, en Bavière. Il a fait des études littéraires à Munich et à Aix-en-Provence et exerce le métier de scénariste. Outre "Le parfum", best-seller mondial, il a écrit une pièce de théâtre à un personnage, "La contrebasse". » www.babelio.com

    « L'enfance de Jonathan Noël est parcourue d'événements tragiques. Ses parents ont été déportés et lui-même a dû fuir et se cacher pour échapper à son funeste destin.
    Envoyé faire la guerre en Indochine, trahi par une femme partie convoler avec un Tunisien, autant de traumatismes qui pousseront Jonathan Noël à s'exiler du monde. "De toutes ces péripéties, Jonathan Noël tira la conclusion qu'on ne pouvait se fier aux humains et qu'on ne saurait vivre en paix qu'en les tenant à l'écart."
    Ainsi il prit la décision de tout quitter et partit pour Paris où il eut la chance de trouver un travail de vigile dans une banque et loua une minuscule chambre de bonne dans les combles d'un immeuble bourgeois.
    Sa vie ainsi réglée ne laissa désormais plus de place à l'imprévu. Les jours se suivaient identiques à eux-mêmes et Jonathan Noël put enfin jouir du bonheur d'être seul, à l'abri du monde, à l'abri de l'autre.
    Jusqu'au jour où... il se retrouva nez à nez avec un Pigeon, un matin, alors qu'il sortait de sa chambre pour se rendre aux commodités. Et cet événement, ce non-événement, va être le grain de sable qui enrayera une machine huilée depuis plus d'une vingtaine d'années.
    Le Pigeon est un conte philosophique, une parabole. le texte est court, sa lecture est facile, le récit fluide. Néanmoins au travers d'événements d'une absurdité confondante il soulève des questionnements d'une grande complexité.
    En premier lieu le livre démarre sur un paradoxe, une énigme, Jonathan Noël et sa famille sont victimes de la persécution nazie, mais à aucun moment il n'est donné de détails sur ses origines ni sur les raisons de cette déportation. Il est donc naturel de penser que Jonathan Noël est juif, Jonathan est un nom hébreu signifiant "don de Dieu", mais pourtant Noël n'est en aucun cas un nom à connotation juive. Bien au contraire, Noël est indubitablement lié au Christ et au christianisme ! Ce paradoxe de départ est un mystère, en tout cas il a pour intérêt de situer le récit dans le domaine de la fable et du conte et oriente d'emblée le lecteur sur la thématique du sacré, ou tout du moins d'une certaine a-sacralité. La chambre de bonne dans laquelle il vit pourrait s'apparenter à une cellule monacale, c'est un espace sécuritaire, et c'est aussi la métaphore de son enveloppe corporelle.
    Thématique du sacré que l'on retrouve à travers l'évocation qui est faite du Pigeon. Jonathan Noël le perçoit comme un monstre. Cet animal est à ses yeux la personnification du mal, du démon qu'il faut fuir et combattre, c'est la synthèse de toutes les ignominies humaines. Le Pigeon n'est pas ce nuisible urbain, mais c'est le dragon de l'apocalypse.
    "Il était posé devant sa porte, à moins de vingt centimètres du seuil, dans la lueur blafarde du petit matin qui filtrait par la fenêtre. Il avait ses pattes rouges et crochues plantées dans le carrelage sang de boeuf du couloir, et son plumage lisse était d'un gris de plomb: Le Pigeon. Il avait penché sa tête de côté et fixait Jonathan de son oeil gauche. Cet oeil, un petit disque rond, brun avec un point noir au centre, était effrayant à voir. Il était fixé comme un bouton cousu sur le plumage de la tête, il était dépourvu de cils et de sourcils, il était tout nu et impudemment tourné vers l'extérieur, et monstrueusement ouvert; mais en même temps il y avait là, dans cet œil, une sorte de sournoiserie retenue; et, en même temps encore, il ne semblait être ni sournois, ni ouvert, mais tout simplement sans vie, comme l'objectif d'une caméra qui avale toute la lumière extérieure et ne laisse passer aucun rayon en provenance de son intérieur. Il n'y avait pas d'éclat, pas de lueur dans cet oeil, pas la moindre étincelle de vie. C'était un œil sans regard. Et il fixait Jonathan."
    La seconde thématique récurrente de ce conte est l'œil et Süskind, alors qu'il avait traité le sens de l'odorat dans "Le Parfum" s'attelle ici à celui de la vue. En effet quand vous vous êtes à ce point retiré du monde et des autres et que vous avez passé votre vie à vous soustraire à leur influence, il est difficile de se soustraire à leur image. A plusieurs endroits du conte est donc fait référence à l'œil, l'œil du Pigeon, petit (l'œil de la bête, l'œil sournois, l'œil de la perversion), l'œil de la couturière grossie par ses lunettes (l'œil sécuritaire, l'œil charitable, l'œil de la bonté), l'œil, les yeux de Jonathan Noël (mince paroi entre lui et le monde extérieur, une ouverture sur les autres, objets de sa souffrance).
    La troisième thématique notable est celle de l'excrément. Voyez la scène très imagée du clochard déféquant entre deux voitures. A plusieurs endroits du conte l'auteur montre les angoisses issues de la relation de Jonathan Noël avec ses propres déjections et les productions de son corps. Sa relation avec l'urine, la matière fécale, le vomi, ce sont ce qui le rattache avec le monde réel et ce à quoi il ne peut se soustraire. C'est ce qui est identique à l'animal, à la bête, au monstre, au mal, ce qui fait que jamais il ne pourra être cette évanescence qu'il convoite, cet individu vierge de toutes souillures.
    Ainsi ce petit recueil qui n'a l'air de rien est riche, très riche et en le lisant il m'a rappelé le travail et les écrits de George Bataille. Notamment "Histoire de l'oeil", où il est raconté les pérégrinations pornographiques de trois personnages. Dans cet ouvrage, où les perversions et les violences sexuelles s'égrainent comme on égrainerait un chapelet de ses prières, se développe les même thèmes à savoir le sacré par la voie du blasphème ; l'œil, les yeux et par extrapolation l'œuf ; les déjections corporelles, l'urine, la matière fécale, le lait, le sperme.
    D'un côté nous avons Süskind et Jonathan Noël qui considère la vie comme une aventure risquée à laquelle il faut se soustraire, qui est terrorisé par la violence et qui n'aspire qu'à la protection et à la sécurité, et de l'autre nous avons George Bataille et ses anti-héros qui face au même constat ont choisit le cheminement inverse celui de la transgression et de la perversion.
    L'un et autre sont complémentaires. L'un se nourrit de l'autre et ils ne sont pas si étrangers... » www.babelio.com

    LE PIGEON, Fayard, 1987, 111 pages

     

    Le Pigeon est un bon conte philosophe sur la survie, la solitude imposée par le sort, la vie, le rejet, la survivance difficile et psychologique d’un solitaire.

    Gilles Lagrois, Auclair, Québec

     

    « "Lorsque lui arriva cette histoire de pigeon qui, du jour au lendemain, bouleversa son existence, Jonathan Noël avait déjà dépassé la cinquantaine, il avait derrière lui une période d'une bonne vingtaine d'années qui n'avait pas été marquée par le moindre événement, et jamais il n'aurait escompté que pût lui arriver rien de notable sauf de mourir un jour. Et cela lui convenait tout à fait. Car il n'aimait pas les événements, et il avait une véritable horreur de ceux qui ébranlaient son équilibre intérieur et chamboulaient l'ordonnance de sa vie."

    Qu'est-ce qu'un "événement" ?
    Que se passe-t-il, en somme, quand "il se passe quelque chose" dans la vie d'un homme ?
    Tel est au fond le sujet, étonnamment simple et profond, de ce nouveau conte philosophique et cocasse de l'auteur du "Parfum".

    Patrick Süskind est né en 1949 à Ambach, en Bavière. Il a fait des études littéraires à Munich et à Aix-en-Provence et exerce le métier de scénariste. Outre "Le parfum", best-seller mondial, il a écrit une pièce de théâtre à un personnage, "La contrebasse". » www.babelio.com

    « L'enfance de Jonathan Noël est parcourue d'événements tragiques. Ses parents ont été déportés et lui-même a dû fuir et se cacher pour échapper à son funeste destin.
    Envoyé faire la guerre en Indochine, trahi par une femme partie convoler avec un Tunisien, autant de traumatismes qui pousseront Jonathan Noël à s'exiler du monde. "De toutes ces péripéties, Jonathan Noël tira la conclusion qu'on ne pouvait se fier aux humains et qu'on ne saurait vivre en paix qu'en les tenant à l'écart."
    Ainsi il prit la décision de tout quitter et partit pour Paris où il eut la chance de trouver un travail de vigile dans une banque et loua une minuscule chambre de bonne dans les combles d'un immeuble bourgeois.
    Sa vie ainsi réglée ne laissa désormais plus de place à l'imprévu. Les jours se suivaient identiques à eux-mêmes et Jonathan Noël put enfin jouir du bonheur d'être seul, à l'abri du monde, à l'abri de l'autre.
    Jusqu'au jour où... il se retrouva nez à nez avec un Pigeon, un matin, alors qu'il sortait de sa chambre pour se rendre aux commodités. Et cet événement, ce non-événement, va être le grain de sable qui enrayera une machine huilée depuis plus d'une vingtaine d'années.
    Le Pigeon est un conte philosophique, une parabole. le texte est court, sa lecture est facile, le récit fluide. Néanmoins au travers d'événements d'une absurdité confondante il soulève des questionnements d'une grande complexité.
    En premier lieu le livre démarre sur un paradoxe, une énigme, Jonathan Noël et sa famille sont victimes de la persécution nazie, mais à aucun moment il n'est donné de détails sur ses origines ni sur les raisons de cette déportation. Il est donc naturel de penser que Jonathan Noël est juif, Jonathan est un nom hébreu signifiant "don de Dieu", mais pourtant Noël n'est en aucun cas un nom à connotation juive. Bien au contraire, Noël est indubitablement lié au Christ et au christianisme ! Ce paradoxe de départ est un mystère, en tout cas il a pour intérêt de situer le récit dans le domaine de la fable et du conte et oriente d'emblée le lecteur sur la thématique du sacré, ou tout du moins d'une certaine a-sacralité. La chambre de bonne dans laquelle il vit pourrait s'apparenter à une cellule monacale, c'est un espace sécuritaire, et c'est aussi la métaphore de son enveloppe corporelle.
    Thématique du sacré que l'on retrouve à travers l'évocation qui est faite du Pigeon. Jonathan Noël le perçoit comme un monstre. Cet animal est à ses yeux la personnification du mal, du démon qu'il faut fuir et combattre, c'est la synthèse de toutes les ignominies humaines. Le Pigeon n'est pas ce nuisible urbain, mais c'est le dragon de l'apocalypse.
    "Il était posé devant sa porte, à moins de vingt centimètres du seuil, dans la lueur blafarde du petit matin qui filtrait par la fenêtre. Il avait ses pattes rouges et crochues plantées dans le carrelage sang de boeuf du couloir, et son plumage lisse était d'un gris de plomb: Le Pigeon. Il avait penché sa tête de côté et fixait Jonathan de son oeil gauche. Cet oeil, un petit disque rond, brun avec un point noir au centre, était effrayant à voir. Il était fixé comme un bouton cousu sur le plumage de la tête, il était dépourvu de cils et de sourcils, il était tout nu et impudemment tourné vers l'extérieur, et monstrueusement ouvert; mais en même temps il y avait là, dans cet œil, une sorte de sournoiserie retenue; et, en même temps encore, il ne semblait être ni sournois, ni ouvert, mais tout simplement sans vie, comme l'objectif d'une caméra qui avale toute la lumière extérieure et ne laisse passer aucun rayon en provenance de son intérieur. Il n'y avait pas d'éclat, pas de lueur dans cet oeil, pas la moindre étincelle de vie. C'était un œil sans regard. Et il fixait Jonathan."
    La seconde thématique récurrente de ce conte est l'œil et Süskind, alors qu'il avait traité le sens de l'odorat dans "Le Parfum" s'attelle ici à celui de la vue. En effet quand vous vous êtes à ce point retiré du monde et des autres et que vous avez passé votre vie à vous soustraire à leur influence, il est difficile de se soustraire à leur image. A plusieurs endroits du conte est donc fait référence à l'œil, l'œil du Pigeon, petit (l'œil de la bête, l'œil sournois, l'œil de la perversion), l'œil de la couturière grossie par ses lunettes (l'œil sécuritaire, l'œil charitable, l'œil de la bonté), l'œil, les yeux de Jonathan Noël (mince paroi entre lui et le monde extérieur, une ouverture sur les autres, objets de sa souffrance).
    La troisième thématique notable est celle de l'excrément. Voyez la scène très imagée du clochard déféquant entre deux voitures. A plusieurs endroits du conte l'auteur montre les angoisses issues de la relation de Jonathan Noël avec ses propres déjections et les productions de son corps. Sa relation avec l'urine, la matière fécale, le vomi, ce sont ce qui le rattache avec le monde réel et ce à quoi il ne peut se soustraire. C'est ce qui est identique à l'animal, à la bête, au monstre, au mal, ce qui fait que jamais il ne pourra être cette évanescence qu'il convoite, cet individu vierge de toutes souillures.
    Ainsi ce petit recueil qui n'a l'air de rien est riche, très riche et en le lisant il m'a rappelé le travail et les écrits de George Bataille. Notamment "Histoire de l'oeil", où il est raconté les pérégrinations pornographiques de trois personnages. Dans cet ouvrage, où les perversions et les violences sexuelles s'égrainent comme on égrainerait un chapelet de ses prières, se développe les même thèmes à savoir le sacré par la voie du blasphème ; l'œil, les yeux et par extrapolation l'œuf ; les déjections corporelles, l'urine, la matière fécale, le lait, le sperme.
    D'un côté nous avons Süskind et Jonathan Noël qui considère la vie comme une aventure risquée à laquelle il faut se soustraire, qui est terrorisé par la violence et qui n'aspire qu'à la protection et à la sécurité, et de l'autre nous avons George Bataille et ses anti-héros qui face au même constat ont choisit le cheminement inverse celui de la transgression et de la perversion.
    L'un et autre sont complémentaires. L'un se nourrit de l'autre et ils ne sont pas si étrangers... » www.babelio.com






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